•  

    Une fille pleine d'amour 

    (nouvelle)

    Note: Cette histoire est destinée aux adultes

    DSC00348

     

     

    Son métier ? Répondre aux attentes de quelques êtres en perdition. La vie lui a donné un corps aux formes inouïes, une poitrine laiteuse au galbe de mère italienne aussi lisse que la tendresse, des hanches de  violoncelle, des fesses si fermes, si rondes, qu'un de ses intimes les appellent les collines de la volupté.

     

    Elle ne se plaint pas de son poids qui est celui de l'amour qu'elle offre et c'est sa mission, aux solitaires, aux exclus, aux victimes de la  vie.

     

    «  - Et ne dis pas que tu es malade ou encore que tu es paralysé, mon ange! Je veux ne voir en toi que l'homme que tu es. D'ailleurs, sais-tu mon chéri que le désir pousse d'abord dans la tête. Je me ferai buisson de ta tentation pour ta sainte verge... »

     

    Mais cet être trop discret, pourtant chez lui, dans son studio impersonnel, lui réplique impulsivement :

    «- Tu vois bien que je ne suis qu'un légume! N'insiste pas ! Ta danse du ventre n'allumera pas mon ardeur. Je suis comme mort depuis sept ans, depuis mon accident... »

     

    En même temps qu'elle se dénude totalement, qu'elle s'approche, l'effleure, l'embrasse, elle continue leur conversation d'alcôve improvisée, parce que, le sait-elle, pour lui, c'est la première fois depuis son calvaire.

     

    « - Justement, je vais te le prouver : tu es, tu as encore une nature. Pour cela regarde-moi, sens mon corps qui te chevauche librement. Te rends-tu compte, mon p'tit chou ! J'ai de l'amour rien que pour toi ! A moins que tu préfères que j’intellectualise mon chéri. Alors dans ce cas, je te sors de suite une surprise de ma panoplie… tiens, pourquoi pas un Georges Bataille ?»

     

    Mais lui n'en démord pas. Il ne s'aime pas et n'aime personne. Il doute de son organe. Le surnomme sa limace. D’ailleurs, Lui, a-t-il un nom? L'acte n'est nominatif que sur la facture. Il sait seulement qu'elle se surnomme Nouchka. Il sait seulement que sa beauté lui donne envie de pleurer. Mais il ne lui dira jamais, il y a va de sa dignité. Il préfère l'insulter:

     

    « - Tu n'es qu'une P...

    Une perle, oui, et maintenant tais-toi! Laisse-toi vibrer sous un premier baiser bien placé, puis sous le suivant, si parfumé ! En un instant, tu surgiras... »

     

    Il ne voit que ses rondeurs, ne sent maintenant que sa chair épanouie sur lui, l'immobile, sur lui qui se laisse faire soudain sans honte, les yeux fermés jusqu'à sa métamorphose en mâle au sommet de lui-même..

     

    Et ce n'est pas fini, lui murmure-t-elle au creux de son oreille épuisée.

     

    Elle revêt son peignoir couleur vanille au parfum envoûtant, invente une mouvance devant lui, pour lui,  tourbillonne encore rien que pour lui qui lui sourit enfin de son lit surélevé. Elle l'embrase à nouveau de ses bras, l'entoure de ses cuisses en flammes et lui parle, à lui, cet inconnu avec une voix qui regarde, un regard qui révèle, qui relève cet homme qu'il enfermait en lui. 

     

    Avec pourtant audace et persévérance, Nouchka réalise que sa silhouette pourtant féline ne suscite pas l’érection de son patient. Alors sans le prévenir, cette fois-ci, en sourdine, elle joue sa modeleuse, laissant tout son talent à ses mains expertes en délicatesse jusqu’au jaillissement.

     

    Qui est Nouchka? Une visiteuse d'amour ?

     

    Qu’importe ! Elle seule éveille les sens d'une simple caresse de fleur.

     

    Suzâme

    (20/10/11)


    16 commentaires
  • Le corps est continent

    Toutes ses fissures s’écrivent à l’encre de vie

    Et ses rivages révèlent l'insolite presqu’île

    Ô espaces sauvages que le vent trouble

    Ô Saisons des mains qui s’aventurent

    Monde épiderme qui se découvre encore .

     

    Le corps est continent

    Toutes ses profondeurs sont  mouvances

    Et ses blessures sont enfouies dans l’invisible

    Ô désir toi qui explore d’intimes reliefs

    sublime caresse du sculpteur qui trouve l’âme

    Ô Terre ! L’amour jaillit, grandiose nature.

     

    Suzâme

    (1/10/11)


    6 commentaires
  • C’est une femme heureuse qui rentre chez elle. La joie d’ouvrir son sac d’un cuir flamboyant, de saisir son trousseau de clés presque tintantes, de retrouver sa vraie vie derrière la porte, celle qui la sépare des yeux du monde.

     

    Une fois rentrée, déchaussée, déshabillée jusqu’à son magnifique soutien gorge satiné, elle ne dit rien et se dirige comme une danseuse vers l’alcôve.

     

    Il est là. Aussi présent qu’un vase de chair avec des bras et l’attend elle, la célibataire. Nul ne le sait, indifférence des paliers.

     

    Dès qu’elle le revoit, elle devient euphorique, se sent belle, oublie ses codes, sautille tout en s’approchant de lui et rôde son grand jeu pour éveiller l’amant. Plus de solitude. Plus de miroir à grimaces.

     

    Il est là. Sa petite folie, son rêve musclé, son désir d’aimer… Elle s’installe près de lui, se love contre lui qui remue à peine auprès d’elle qui s’embarque pour l’amour.

     

    Mais chaque fois, c’est pareil. Elle s’élance, brûlante d’initiatives et lui donne sa fièvre. Le temps n’existe plus qu’aux rythmes de ses hanches à elle, aux sons de ses soupirs.

     

    Qui est-il ? Que fait-il, discrètement éclairé par la lampe fleur ? A-t-il un cœur ?

     

    Tandis que la nuit envahit l’espace intime de tout son silence, elle s’endort sur son corps froid comme une matière présente, passive, consentante.

     

    Il est là. Nul ne le sait.

     

    Suzâme

    (6/09/11)


    8 commentaires
  • L’amour est un arbre vivant

    Il donne chacune de ses branches

    Au ciel vierge qui s’épanche

     

    L’amour est un arbre vivant

    Il livre son corps, se déhanche

    face au ciel rose encore étanche

     

    L’amour est un arbre vivant

    Il s’effeuille, s’élance, effleure

    Le ciel rouge encore ailleurs

     

    L’amour est un arbre vivant

    Il s’étire, soupire telle une fleur

    Sous le ciel blanc touché au cœur

     

    Suzâme

    (25/09/11)


    7 commentaires
  • Son corps est de pierre

    Statue d’une île imaginaire

    Il s’est renversé sur le sable

    Son visage jusqu’aux pieds, incassable.

     

    Sa silhouette allongée

    Chair de marbre âgé

    Semble dormir dans un rêve

    Elle est nue jusqu’aux lèvres.

     

    Plus loin, l’océan avance

    Vivante, sensuelle danse

    Puis il vient à ses chevilles

    lèche ses genoux de fille.

     

    Ses vagues montent à son ventre

    S’éveille subrepticement son antre

    Son corps est de chair

    Mille désirs le désaltèrent.

     

    Suzâme

    (23/09/11)


    11 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique