• Billet : Poésie et cinéma, de Paul Eluard à Jean-Luc Godard

    FILM : Alphaville (1965)
    genre : science fiction d’art et d’essai de Jean-Luc Godard

     

    Dans ce film où nous suivons des êtres fonctionnels, j’ai retenu les «séductrices n° 3». Nous découvrons leurs conditions de vie à partir des deux personnages principaux, un faux journaliste Lemmy Caution interprété par Eddie Constantine et Anna Karina dans le rôle de Natasha fille d’un père indifférent, le savant Von Braun qui inventa l’ordinateur dictateur dominant la capitale Alphaville. Dans cette ville galactique, l’habitant sans âme circule selon son programme, son utilité, programmé par une sorte de Big Brother qui suit ses pas, jusqu’aux portes qu’il veut ouvrir, surveille ses mots, lui fait subir des interrogatoires de la vérité, et si nécessaire l’élimine dans une piscine devant des personnalités.

    Imaginez, si vous n’avez pas vu ce film d’anticipation, un monde où il serait interdit d’aimer, de pleurer, de prononcer certains mots comme  par exemple «conscience» parce celui-ci comme d’autres disparaissent des lexiques et si ils sont révélés par un étranger comme notre journaliste-espion des «mondes extérieurs», l’habitant  et l’occurrence Natasha à la peau numérotée,  son accompagnatrice imposée ne comprend rien, ne ressent rien. Et lui avec son imperméable et son chapeau, n’hésite pas à s’exposer en sortant de sa poche un livre de Paul Eluard dans une chambre d’hôtel encadrée par la sécurité. Il s’agit de quelques extraits de son recueil «La Capitale de la douleur» à écouter link . Natasha livre une lecture froide, presque robotisée. Son visage d’une beauté inexpressive et sa voix sans modulation ont quelque chose de surréaliste dans un monde orwelien. Peut-être la poésie comme un espoir...

    Est-ce important de savoir si notre héros est amoureux ? A nous d’interpréter quelques messages de ce film si l’auteur avait l’intention de nous en adresser à moins qu’il n’ait composé cette fiction en toute dérision, appréhendant le futur comme Stanley Kubrick link mais avant eux George Orwell link.

    J’ai choisi de me poser cette question : Qu’est-ce qu’un langage qui n’est pas compris et/ou pas ressenti ?

     

    Suzâme

    (7/07/12)

     

    http://www.panorama-cinema.com/html/critiques/alphaville.htm

    http://www.critikat.com/Alphaville-une-etrange-aventure-de.html

    http://www.youtube.com/watch?v=NGMR7qS5WUc

    Extrait du poème "Au hasard"

    "...Au hasard tout ce qui brûle, tout ce qui ronge,

    Tout ce qui use, tout ce qui mord, tout ce qui tue,

    Mais ce qui brille tous les jours

    C'est l'accord de l'homme et de l'or,

    C'est un regard lié à la terre..."

    N.B. n'est pas cité dans le film

    « Communauté Textoésies et vous : A l'intérieur de l'instant...Rien d'important (poème) »

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    1
    Samedi 7 Juillet 2012 à 21:17
    erato

    Je pense que c'est un langage sans son , dans l'indifférence totale. Belle soirée, bises Suzâme

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :